jeudi 22 mai 2008

Des idées préconçues...

Pour répondre à certaines prises de positions catégoriques à l'égard de la consultation nationale concernant les jeunes et parce que j'ai, à maintes reprises, ressenti une désolante frustration par rapport à la situation que vivent aujourd'hui les jeunes tunisiens, j'ai pensé m'exprimer sur ce sujet qui me tient à coeur.
N'en déplaise à tout le monde la jeunesse tunisienne, dont je fais partie, souffre d'un mal flagrant. Il s'agit du manque de culture politique. Qu'est ce que la culture politique ? Loin de moi l'idée de donner des leçons aux autres mais il faut éviter les incompréhensions. À mon sens la culture politique est un ensemble de savoirs relatif à tout ce qui concerne les décisions politiques, les activités politiques, la gouvernance de l'Etat, les idéologies, les partis, les mouvances, la vie politique et les politiciens en général et j'en passe...
Le comble de l'histoire est que la situation n'est pas prête de s'améliorer, pire même, elle ne fait qu'empirer au vu de ce que j'ai personnellement vécu au sein de mon entourage. Des camarades, des compatriotes, des connaissances, des amis et même des membres de la famille que j'ai rencontré ne s'intéressent tellement pas à tout ce qui touche à la politique que cela me pousse à me poser des questions sur les raisons de cette paranoia récurrente. Pourquoi la réponse est-elle souvent :"changeons de sujet", ou encore : "la politique ne m'intéresse pas" ou bien même :"fais attention on risque de nous écouter" ? Et pourtant, la politique est sensée concerner tout le monde. Elle n'est pas destinée à seulement une élite mais à tout un peuple à ce que je sache. D'autant plus que ça arrive même lorsqu'il n'est pas nécessairement question de critiquer qui que ce soit (certains seraient sûrement tentés de dire que telle ou telle personne n'apprécierait pas d'être blâmée et qu'il vaudrait donc mieux éviter de critiquer la politique dans notre pays) . Nous avons été habitués à éviter ce sujet qui est devenu extrêmement tabou. Si l'on rajoute à cela les années passées à supporter des médias de très basse qualité, cela mène à une sorte d'ignorance de tout ce qui se passe d'important dans le pays, c'est à dire tout ce qui touche la population à bien des égards. Et pourtant, contrairement à ce que j'ai vécu avec les jeunes qu'ils soient plus agés ou moins agés que moi, environ les trente/trente-cinq ans et plus allant jusqu'aux plus agés semblent plus aptes et plus ouverts aux discussions dites sérieuses comme si ils étaient en quelque sorte déjà "rodés".
Il va sans dire que tout cela concerne uniquement mon entourage assez élargi. Enfin, là où je veux en venir, c'est que cette consultation de la jeunesse, même si on suppose qu'elle ne nous donnera pas de résultat concret, que le message exprimé par les jeunes restera peut-être sans écoute réelle et qu'elle ne soit pas prise au sérieux... Au moins elle aurait eu le mérite de créer un espace de dialogue (totalement libre ou pas est une tout autre histoire) qui permet en fin de compte d'avoir l'occasion de discuter de la politique en tunisie sans avoir à interrompre les interventions de chacun sous prétexte qu'il en parle.
Alors de grâce, laissons les préjugés concernant cette consultation de coté et soyons nombreux à participer au dialogue qui, et j'en suis sûr, ne fera de mal à personne. Nous avons assez parlé de foot, de moeurs, de mécanique et de divertissements. Maintenant passons au choses qui nous concernent plus, passons à la première étape importante qui est avant tout de participer aux dialogues qui servent avant tout la mère patrie Tounes.