dimanche 31 août 2008

Remaniement ministériel

Le dernier remaniement ministrériel enregistre l'arrivée de nouvelles figures quasi-inconnues du public (comme toujours on connait peu nos ministres en Tunisie).

Nous ne comptons plus qu'une seule femme ministre au sein du gouvernement (Mme Sarra Kanoun Jarraya ministre des affaires de la femme, de la famille, de l'enfance et des personnes âgées) puisque Mme Samira Khayache a été remplacée par Slaheddine Malouche pour le ministère de l'Equipement, de l'Habitat et de l'Aménagement du territoire. Dans le communiqué de l'AP on qualifie Mr. Malouche de technocrate.

"Du sang neuf est également apporté à deux portefeuilles directement liés au défi de l'emploi des jeunes, en particulier des diplômés, qui se pose avec acuité en Tunisie. C'est ainsi que le ministère de l'Education et de la Formation est confié à Hatem Ben Salem, la cinquantaine, précédemment secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, tandis que le département de l'Emploi et de l'Insertion professionnelle est revenu à Slim Tlatli, 57 ans."

L'AP a aussi parlé d'un "rajeunissement de l'équipe". Et quel rajeunissement ! Combien de ministres de moins de quarante ans avons nous aujourd'hui !? Pire, combien de ministres de moins de cinquante ans avons nous ?

"Au lendemain des JO de Pékin, où seul le nageur Oussama Mellouli a sauvé la Tunisie d'un fiasco en remportant une médaille d'or au 1.500m nage libre, le ministère de la Jeunesse et des Sports change également de titulaire. Il est détenu désormais par l'ancien ambassadeur à Genève, l'avocat Samir Labidi."

Ah ! Nous y voilà enfin. Abdallah Kaabi n'est plus chargé des sports. Quelles en sont les raisons ? Est-ce une conséquence de l'affaire Tarak Dhiab ou bien le fait qu'il ait tenté de s'approprier la victoire de Mellouli ? Car Mellouli n'a pas manqué de critiquer le président de la fédération tunisienne de natation et du manque de soutient de la part des "autorités" depuis son affaire de dopage. Mellouli a tout de même dit que le président de la république l'a soutenu. À mon avis le président a eu raison de nommer quelqu'un d'autre à la place de Kaabi, reste à savoir vers quel poste sera placé ce dernier.

"Candidat pour prendre en décembre la tête de l'ALECSO, l'organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences, Mohamed Aziz Achour cède le portefeuille de la culture et de la sauvegarde du patrimoine, à l'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Abderraouf Basti.Ce remaniement intervient à moins d'un mois du congrès du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), au cours duquel le président Ben Ali a annoncé qu'il briguerait en 2009 un cinquième mandat de cinq ans."

Et enfin Mr. Abessalem Mansour a été nommé ministre de l’Agriculture et des ressources hydrauliques. Bref, comme d'habitude un remaniement qui n'indique rien, des inconnus qui remplacent des inconnus, un remaniement comme tant d'autres.

jeudi 28 août 2008

Le sportif par excellence

Encore un sujet qui concerne le sport et il mérite bien que l'on s'y attarde encore car il s'agit bien entendu d'Oussama Mellouli. J'en avais vaguement parlé dans mon dernier post, j'avais regardé la finale du 1500m nage libre d'Oussama en espèrant qu'il puisse décrocher la médaille de bronze tout en étant sceptique, croyant qu'il améliorerait son temps mais qu'il finirait quatrième vu sa prestation en demi finale de la même discipline.
Quelle fût ma surprise lorsque notre désormais héros national a finalement réussi son pari. Les 200 derniers mètres étaient mémorables, le cri de joie que j'ai poussé à son arrivée au bout de la course a fait sursauter les voisins. Ce fut un moment important pour le sport national, un moment que le tunisien ne vit pas toujours en direct. Le drapeau tunisien a été élevé au dessus des autres sous le rythme de la musique de l'hymne national devant des millions, voir des milliards de téléspectateurs dans le monde. Oussama a eu sa rédemption, la Tunisie sa première médaille d'Or Olympique depuis quarante ans, depuis l'époque du fameux Gammoudi. Ces deux médailles furent chacune inattendue, ce qui rajoute sans doute encore plus à leur charme.
Gammoudi avait honoré Bourguiba, Mellouli a remercié Ben Ali mais en fin de compte c'est le peuple en entier qui fut honoré et ces deux sportifs qui seront à jamais remerciés.

mercredi 27 août 2008

Mella Tarak

Un message que j'ai rédigé le 1er aout sur le forum de http://www.tunisie-foot.com/ concernant l'affaire Tarak Dhiab a été repris et posté sur plusieurs sites dits "d'opposition" sans mon autorisation, notamment sur le site http://www.tunisnews.net/ (interdit d'accès en Tunisie) en date du 3 aout. Ce qui me dérange, ce n'est pas le fait que ce soit repris mais plutôt le fait que je ne sois pas mis au courant avant, surtout sachant que tout article qui y est affiché peut être considéré comme critique envers le pouvoir.
Que ce soit clair, je ne suis ni un opposant, ni un partisan du régime actuel en Tunisie. Je suis un tunisien qui veut tout simplement avoir ses droit et dénoncer les injustices que subissent des hommes comme Tarak Dhiab, ou même des sites comme Tunisnews (même si plusieurs articles qui s'y trouvent me déplaisent). Néanmoins, j'ai aimé le fait que mon article soit mis juste après celui de Fethi El Mouldi, ça montre à quel point notre journalisme est médiocre. Voici d'abord, un article tiré d'un journal tunisien, ensuite celui d'El Mouldi paru dans le journal "Le temps" et enfin le mien (j'ai décidé qu'à mon tour je ne demanderai pas la permission) :

M.Slama critique le silence de la presse dans "l'affaire Tarak Dhiab"
29-07-08 :

Dans son point de presse tenu lundi après-midi au siège du CNOT, au Centre sportif et culturel de la Jeunesse d'El Menzah VI, M.Abdelhamid Slama, président du Comité national olympique tunisien était revenu sur l'affaire Tarak Dhiab qui avait refusé de serrer la main à M.AbdallahKaabi, ministre de la Jeunesse , des Sports et de l'Education physique dans la cérémonie de remise des médailles et du trophée ayant suivi lafinale de la Coupe de Tunisie, le 5 juillet au stade 7-novembre de Radès. M.Slama s'est étonné du silence passif des médias du pays dont aucunn'a commenté l'épisode. "Pourtant, l'acte est suffisamment grave et répréhensible, a-t-il dit, car il y a l'autorité et leprestige de la fonction de ministre qui ont été bafoués par un telgeste." a rappelé M.Slama, qui a souligné que "nous vivons une crise de dirigeants. Tant quel'encadreur lui-même a besoin d'être encadré, il y a fort à craindre que la presse sportive va tendre d'une façon ou d'une autrevers la médiocrité, emportée par la tendance générale", a-t-ilprévenu. M.Slama a fustigé les déclarations données à chaud aux médias, source detensions, et l'attitude exhibitionniste devant les caméras de quelques responsables sportifs qui ne font qu'attiser le feu.

L’affaire Tarek Dhiab : Retour à la raison
Par Fethi EL MOULDI

« L'affaire Tarak Dhiab » (un bien gros mot mais il est le reflet de bien des maux) aurait dû rester un simple fait divers mais comme on est en été, pas en hiver, elle a pris une étrange et anormale ampleur.
En effet Tarak a fait un geste (plutôt il n'a pas fait un geste) condamnable car au-delà des conflits ou des mésententes, il y a le respect des institutions (un respect sacré) qui dépasse les personnes.
Il aurait pu (dû) s'en excuser et l'incident aurait été clos d'autant plus qu'on est dans le domaine sportif dominé par la tolérance et l'esprit sportif.
Malheureusement l'incident est sorti de son cadre, relayé par les médias, il est devenu une « affaire » et les dérapages, de partout, ont accentué à polluer l'air, chacun mettant son grain de sable alors qu'on espérait des attitudes plus affables.
Nous pensons, honnêtement, que la raison doit l'emporter, qu'il ne faut pas se laisser emporter, que l'abcès doit être crevé: Tarak doit parler, les excuses doivent être présentées et acceptées, les cœurs doivent être purifiés et c'est notre football - un football sain - qui va gagner...

[EST] Tarek Dhiab vice-président déchu,Officiellement démission, officieusement licencié.Raisons enore floues
Par 3loulou-

J'appelle cela le triumvirat du football tunisien, il s'agit du trio Chiboub, Slama et Kaabi. La pseudo élection du bureau fédéral de la FTF et la précédente nomination de Ali Labiadh était chapeautée par ces trois énergumènes. Ces trois personnes font du footbal Tunisien ce qu'elles veulent.
Chiboub, gendre du président, est toujours actif avec son poste au sein de la FIFA qu'il a eu d'une façon honteuse et qui l'avait poussé à quitter la présidence de l'EST.
Kaabi avec sa langue de bois et son poste de ministre de la jeunesse et des sports qui n'est même pas sensé interférer dans les affaires internes de la FTF.
Slama, ex-conseiller et protégé du président de la république qui fut parachuté à la tête du comité national olympique tunisien et qui du jour au lendemain a commencé à faire la une des articles sportifs de la presse tunisienne comme par enchantement, comme si il venait de sauver le sport en Tunisie.

Ces trois personnes font ce qu'elles veulent en interaction entre elles mêmes.

Un beau jour un certain Tarak Dhiab, homme sûr et honnête, élu meilleur footballeur du 20ème siècle en Tunisie et pourvu d'un don inné, celui de maîtriser le football et ses rouages, ce Mr Dhiab ose critiquer le système puisque c'est son droit et exprime tout haut ce que tout le monde pense tout bas, à savoir que le ballon de foot est pourri de l'intérieur en Tunisie, telle une belle pomme remplie de verres de terre.
Cet homme , dans un pays civilisé et un Etat de droit ne serait pas limogé de n'avoir pas salué un ministre. Cet homme, qu'il ait eu tort ou pas est libre de penser et de s'exprimer et surtout d'exercer les fonctions qu'il veut. Le plus grand perdant dans tout cela, il est vrai c'est l'Espérance mais c'est surtout et avant tout le football tunisien.
Comme le diraient certains :"Il fut un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître". Un temps où les instances sportives tunisiennes étaient mieux gérées. Un temps où nous avons au moins réussi à avoir une médaille d'or olympique et une victoire en coupe du monde de football...
Laissons Tarak travailler tranquillement et dire ce qu'il pense et saluer qui il veut. C'est son droit. Et gardons la politique hors du terrain sportif.
Vive le sport, vive la Tunisie


post scriptum : J'avoue que je n'avais pas prévu la médaille d'or d'Oussama Mellouli (qui m'a fait vivre des sensations de joie et de fierté intenses soit dit en passant). De même, après relecture et non par crainte, je regrette d'avoir traité messieurs Chiboub, Kaabi et Slama d'énergumènes. Après tout ce sont des personnes que je n'ai jamais rencontré. Et pour ce qui est de Tarak Dhiab, à ce qu'il parait, il devrait comparaitre devant la justice cantonale de Tunis le 4 octobre prochain pour avoir tenté de corrompre un fonctionnaire de l'Etat..

Ras-le-bol, mécontentement et iritation.

Comme prévu, et je l'avais prédit dans mon post du 9 juillet dernier, je dirai même plus que tout le monde le prédisait (c'est le comble !), le site Facebook a été censuré en Tunisie par l'ATI (Agence Tunisienne de l'Internet) à tous ses membres inscrits. Nous y comptions plus de 28000 tunisiens à la mi-aout.
Biensûr, cette foutue agence va continuer de démentir ces allégations et prétendre qu'elle n'y est pour rien et qu'il n'y a pas de censure en Tunisie (je me demande alors pourquoi nous sommes les seuls à être privés de Facebook à l'intérieur du territoire tunisien ?). Parfois même elle se contredit en annonçant qu'elle n'interdit que l'accès aux sites à caractère pornographique.
Heureusement que dans notre pays, un Etat de droit où l'on applique la loi, nous avons la possibilité de porter plainte (C'est ironique) contre une telle agence.
Franchement, il y en a marre du 404 not found. Il y en a marre de cette infantilisation des internautes. Il y en a marre de ce manque de respect envers la liberté d'expresssion et la liberté de penser. Il y en a marre de cette vague de censure qui s'abat sur le tunisien depuis plusieurs années. Jusqu'à quand ça va durer !? Jusqu'où allons nous !? Je l'avoue, j'ai honte, j'ai honte de mon pays à chaque fois que je constate qu'un nouveau droit (parfois même des plus élémentaires) est bafoué. Tout cela parce que certaines pensées exprimées dérangent quelques uns, c'est vraiment une honte !

mardi 26 août 2008

Un tunnel...Mais à quoi donc sert-il !?

Dans une cité touristique créée de toutes pièces et aménagée par l'Etat tunisien, on ne peut passer sous silence un constat alarmant. Au beau milieu de la zone Yasmine Hammamet et à l'entrée de la fameuse "marina" qui souffre des embouteillages bruyants des voitures à chaque été, il existe un tunnel dont les travaux ont été complétés depuis voilà plus de deux ans. Bien entendu, nous n'avons pas manqué de remercier les autorités pour ce tunnel qui a dû coûter bien cher. Mais la question qui me tracasse est pourquoi n'est-il jamais ouvert au public ? Et à quoi ça sert de creuser un tunnel et d'en payer les frais si cela ne va profiter à personne ?
Le comble dans tout cela c'est que par la suite une autre entrée du parking de la marina a été créée, une entrée qui traverse le beau milieu du trottoir qui longe la corniche ! alors de grâce et pour la millième fois, pourquoi avoir bâti ce tunnel !?
À ce rythme là, notre pays ne verra jamais le bout du tunnel.